Mélina SEYMOUR

Fondatrice de l'ONG Africa Mondo,

Coordonnatrice générale du Mois de l'Histoire de l'Afrique et de ses Diasporas

La deuxième édition du Mois de l'Histoire des Noirs sous l'appellation "Mois de l'Histoire de l'Afrique et de ses Diasporas", à la demande du plus grand nombre, est dédiée à l'unité entre tous les africains ainsi qu'à la nécessaire reconnexion de nos valeurs ancestrales avec et entre toutes les générations confondues. 


En cette période de pandémie COVID-19 qui frappe si durement nos aînés, je veux leur rendre un hommage appuyé. Il me semble important que la parole des aînés retrouve sa place, son honneur et sa répercussion dans nos sociétés. Je me permets de les inviter à initier et à partager le patrimoine immatériel, les savoir-faire et les bonnes pratiques qui constituent nos racines. Avec eux, cette deuxième édition 2.0 place volontairement son curseur assez haut pour que les "Mondes Africains" s'unissent à travers ce Mois de l'Histoire de l'Afrique et de ses Diasporas.

 

Nos attentes sont aussi nombreuses que les défis auxquels nous devons faire face, en témoignent les violences policières de ces dernières décennies qui ont couté la vie à de nombreux africains qu'ils soient Afro-américains ou Afro-européens. De façon physique et/ou dématérialisée, en instaurant des espaces d'écoute, de dialogues apaisés, des ateliers pédagogiques, des célébrations culturelles et cultuelles, des formations, des visites mémorielles et autres, nous avons le devoir de nous unir entre africains et nous reconnecter à l'Afrique sous la protection de nos Ancêtres qui ont tant lutté pour notre dignité.

Trop souvent, nous évoquons le passé et le futur sans prendre suffisamment le temps de vivre le présent en ayant de simples réflexions comme celles-ci : en tant qu'Africain à Paris ou à Washington, à Londres, à Bruxelles, à Pointe-à-Pitre ou encore dans le Minessota, est-ce que je peux exprimer et vivre librement mon africanité sans être jugé.e par la société dans laquelle je vis ?

 

Ainsi donc, le Mois de l'Histoire de l'Afrique et de ses Diasporas, en cette décennie consacrée aux personnes d'ascendance africaine déclarée par l'ONU, s'appuie sur le passé pour améliorer notre présent, afin que notre futur soit plus en concordance avec le nous profond.

 

Enfin, je me réjouis et je remercie les nouveaux partenaires qui se joignent à Africa Mondo pour contribuer au succès de cette célébration internationale en février 2021 ; mention spéciale aux Aînés qui nous font l'honneur d'organiser leur 1er Sommet International et le Salon des Aînés Africains et de la Diaspora dans le cadre de cette édition numérique et en ligne.

 

"C'est au bout de l'ancienne corde

que l'on tisse la nouvelle."

Proverbe africain

Firmin Edouard MATOKO

Sous-directeur du département Afrique de l'UNESCO

L’histoire du peuple noir est jalonnée de périodes intenses de détresse, de privations et de soumissions. Mais le peuple noir a toujours su garder sa dignité, elle a toujours lutté pour sa liberté et son unité en toutes circonstances, sous toutes les latitudes. Les luttes de libération sur le continent africain ou encore plus loin l’émancipation des peuples noirs d’Haïti et d’Amérique latine et Caraïbes sont témoins de cette histoire, écrite par d’autres que les africains et la diaspora veulent se réapproprier. En témoigne le projet monumental de l’Histoire générale de l’Afrique porté par l’UNESCO dont le 9e volume en cours de production s’attèle à valoriser les apports des diasporas africaines à la construction de l’identité africaine.

Il existe une culture noire mondiale, globalisée, métissée, multiple et plurielle qui perpétue le sentiment d’appartenance à une même origine. 

             

Le mois de l'Histoire de l’Afrique et de ses Diaspora est l’occasion de rappeler ce sentiment d’appartenance, l’importance de la construction d’une mémoire commune, et interroge la notion, sur laquelle il apparaît difficile de se prononcer, de l’affirmative action (discrimination positive).

Cette année, nous célébrons le mois dans un contexte de péril pour l’humanité. Aux situations d’intolérance, de discrimination et de racisme, est venue s’ajouter la crise du COVID-19. Autant de défis pour les peuples noirs, autant d’opportunités pour réaffirmer la solidarité du peuple noir à travers le monde et l’exigence de préserver une unité et une identité commune de toutes les communautés noires. En effet, les communautés qui forment le peuple noir, en particulier dans la diaspora sont de plus en plus hétérogènes, socialement et culturellement.

 

Une nouvelle réflexion, de nouvelles méthodes d’action et d’intervention au niveau des politiques publiques, au niveau des actions de développement local, et dans les relations entre le continent africain et le reste du monde sont nécessaires. L’humanité en a besoin, le peuple noir plus que jamais.

 

Ndèye Marie FALL

Présidente du Collectif pour le patrimoine immatériel en francophonie et du Sommet international des Aînés Africains et de ses Diasporas

Je me sens particulièrement honorée d’être associée et de pouvoir contribuer à cette initiative de l’institution d’un Mois de l’Histoire de l’Afrique et de ses Diaspora, auprès de la Présidente d’Africa Mondo, madame Mélina Seymour, jeune femme afro- descendante d’un engagement sans faille et d’une détermination tenace lorsqu’il s’agit de questions relatives à l’Afrique et sa Diaspora. En effet, j’ai eu le plaisir, et j’ajouterai même la chance en tant qu’aînée, de rencontrer Mélina Seymour dans le cadre des travaux de la Table de concertation du Mois de l’Histoire des Noirs à Québec dont j’ai assumé la présidence pour l’Édition 2019. Ce fut un défi gagné et une collaboration fructueuse qui continuent encore aujourd’hui. Elle apporta une contribution précieuse pour le succès de la programmation du Mois de l’Histoire des Noirs 2019 dans la Capitale Nationale.

 

Mélina fait toujours preuve de dynamisme et de créativité, ce qui la mène bien souvent à prendre des risques et défis qui peuvent sembler insurmontables à d’autres, mais qu’elle relève haut la main, sans jamais se plaindre. C’est ainsi qu’elle a résolument décidé malgré toutes les incertitudes d’organiser le Mois de l’Histoire des Noirs en terre africaine, parce que dit-elle, je lui ai insufflé, presque intimé, le DEVOIR de le faire. Aussi, en octobre 2019 elle est partie préparer la 1 ère Édition du Mois de l’Histoire des Noirs au Bénin, Édition 2020.

 

Réussite de taille et succès extraordinaire lorsque l’on connait les sacrifices consentis y inclus le financement sur fonds propres des très nombreuses activités déroulées tout au long des 29 jours de ce mois de février bissextile!

Je l’ai vue à l’œuvre couronnée Amazone par des communicateurs et leaders locaux du pays de Béhanzin. Ainsi, malgré le confinement, elle commence non seulement à réfléchir à l’organisation du Mois de l’Histoire de l’Afrique et de sa Diaspora pour Février 2021 (version africaine du Mois de l’Histoire des Noirs venu des E.U), mais aussi à comment encourager et promouvoir l’intergénérationnel. Même si, et peut-être surtout, nous ne partageons pas toujours la même opinion sur certains aspects de notre histoire commune relative à la colonisation, elle valorise toujours ce dialogue intergénérationnel et interafricain comme un paradis perdu de vue et à retrouver, renouvelé par nos divers métissages.

 

En tant que présidente du RIFA- Sénégal et du Collectif pour la promotion du Patrimoine immatériel en Francophonie, je constate que notre partenariat est basé sur le respect et la franchise, le partage et la mutualisation. À ce petit maillon de la chaine des solidarités à construire entre l’Afrique et ses enfants de la Diaspora, nous espérons pouvoir contribuer, à notre modeste niveau, au plaidoyer et à l’action pour une Afrique réconciliée et solidaire avec toutes ses diversités de Berceau de l’Humanité.

 

Plein succès à nous toutes et tous, car ce défi nous devrons le relever ENSEMBLE!

Ethevise Flore FOKEM

Présidente de Africa Mondo Cameroun

Je suis très honorée de vivre cette deuxième édition du Mois de l'Histoire des Noirs en Afrique, rebaptisé Mois de l'Histoire de l'Afrique et de ses Diasporas, après la première édition qui a connu un franc succès non seulement en Afrique, mais aussi dans le monde.


Au Cameroun, nombreux ceux qui ignoraient l'existence d'un tel événement pour célébrer africains et afro-descendants. Mais avec le travail abattu, le projet a très bien été accueilli et nous avons eu le soutien institutionnel de toutes nos administrations sans oublier la couverture sécuritaire de la Direction Générale de la Sûreté Nationale.


Je profite donc de l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui pour dire merci à la présidente fondatrice madame Mélina Seymour  qui a eu la forte inspiration de bâtir cet événement sur le continent africain. "Ma soeur de cœur" c'est par ta force, ton courage et ta détermination que j'ai eu l'audace a mon tour d'organiser un événement d'une telle envergure dans mon pays;  je me suis dit si elle le fait, je peux le faire. J'ai ainsi écrit la toute première lettre de ma propre histoire. MERCI. 


Les choses n'ont du tout pas été facile financièrement parlant car toute l'organisation a été sous fonds propres. 
Nous espérons que cela changera les années à venir car il y'a un proverbe africain qui dit " une seule main ne peut attacher un paquet". Malgré ce petit handicap,  nous avons connu un succès total avec un panel très riche car toutes les grosses pointures intellectuelles ont répondu présentes à  l'instar du Pr Jean-Emmanuel Pondi, Dr François Bingono Bingono, l'ambassadeur des États-Unis au Cameroun représenté, le Haut-commissariat du Canada, le PNUD, sans oublier tous les autres à qui nous disons merci.

La culture étant l'un des leviers les plus importants à actionner pour réhabiliter et relancer l'économie, nous renouvelons notre engagement malgré la pandémie Covid-19,  à mener cette lutte qui est devenu pour nous non seulement un devoir à accomplir pour impacter le plus grand nombre, mais aussi l'espoir de réconcilier un jour africains du monde pour qu'ensemble nous puissions porter très haut le flambeau ancestral de notre Afrique profonde.

Je termine mon propos par cette citation : 
"la négation de l'histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde." Cheikh Anta Diop.

Une pensée pieuse pour nos Aînés encore en vie qui se battent jusqu'à la dernière énergie pour que jamais nous n'oublions nos racines.

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